Historique
Les noirs furent enlevés de leur habitat naturel, entassés dans les cales des navires et emmenés vers de nouveaux horizons récemment découverts. Ces nouvelles terres attirèrent les portugais et les espagnols pour leurs grands potentiels économiques de l’époque.
Arrivant en ces lieux inconnus, ils étaient répartis entre les acheteurs, marqués au fer rouge comme le bétail et emmenés dans leurs nouveaux habitats: las senzalas.
Les noirs représentaient une valeur marchande; ils travaillaient très dur, toute la journée sous le soleil, commandés par les fouets des feitores, ils déboisaient les forêts, préparaient la terre, plantaient les cannes à sucre et les cultivaient, rendant leurs maîtres chaque fois plus riches.
Sans connaissance des nouvelles terres, séparés de leur famille, de leurs habitudes, de leurs coutumes, sans parler la même langue, (ils étaient répartis en groupes de divers langages) pour empêcher la communication et les éventuelles organisations de révoltes, malades, sous-alimentés, sans accès à quelques types d’armes que ce soit et constamment surveillés; il leur est très difficile dans ces conditions, de se battre et de réagir contre cet état de faits.
Cependant, les noirs n’ont jamais cessé de lutter, et ont réagi sous différentes formes, car au contraire de ce que beaucoup pensent, ils n’ont jamais accepté sans révolte leur situation d’esclaves. Ce qui leur manquait étaient les conditions pour une lutte de masse organisée.
Au 17ème siècle, quand se sont avérées les invasions hollandaises, profitant de la confusion qui s’est établie, de nombreux esclaves commencèrent à fuir leurs maîtres, se regroupant aux alentours de Serra da Barriga, dans l’état d’Alagoas. En peu de temps le nombre de fugitifs, des noirs Angolais en majorité, atteignit vingt mille; ils construisirent alors une république, connue sous le nom de Quilombo dos Palmares (1602/1694 - ils appelaient quilombo les baraques construites rapidement, presque toujours recouvertes de palmiers). Le nom Palmares est dû à la grande quantité de palmiers de pindoba - Palma Attalea Pindoba. Entre tous, fut choisi comme chef de la république, le noir Zumbi.
Les esclaves s’attaquèrent aux propriétaires les plus proches, commettant de nombreuses dégradations voire lapidations, se vengeant ainsi des affrontements et des mauvais traitements que leur avaient fait subir leurs anciens maîtres. Le danger augmentant, les propriétaires firent de nombreuses incursions à Palmares pour exterminer les rebelles. Les noirs gagnèrent successivement plusieurs batailles, se défendant avec des armes primitives, improvisées. Le nombre des expéditions varie, et seulement 17 d’entre elles furent confirmées et identifiées grâce au nom de leurs commandants.
En 1694, après presque un siècle de tentatives, le plus grand des quilombos d’Amérique arriva à sa fin. Sous le commandement du pauliste (nom des habitant de l’état de São Paulo) Domingos Jorge Velho, plus de 7000 hommes bien armés et équipés se dirigèrent vers la Serra da Barriga, dans l’état d’Alagoas, où débutèrent les premiers combats contre les noirs. Les soldats avaient l’ordre de capturer les hommes vivants, mais cela était pratiquement impossible. Domingos Jorge Velho réussit à dominer Palmares, conquérant ses terres, mais emprisonnant un nombre tellement réduit d’esclaves qu’il n’est pas arrivé à compenser ses grandes pertes en hommes. Beaucoup de noirs préférèrent se suicider plutôt que de redevenir des esclaves.
Avec la disparition de Palmares, « la capoeiragem est sortie des capoeiras » . Cette forme de lutte sera ensuite utilisée comme moyen d’attaque et de défense. Elle sera adoptée par les premiers pratiquants qui recevront l’enseignement de personnes qui ont vu et participé aux révoltes.
En 1888 l’esclavage a été aboli au Brésil, et en 1890, le Code Pénal de la République a institué des lois qui réglementeront la capoeira:
> Pratiquer dans la rue et sur les places publiques des exercices d’agilité et d’adresse corporelle connues sous le nom de capoeiragem, est passible d’une peine de prison de 2 à 6 mois; il y aura des circonstances aggravantes pour les bandes et les groupes.
> Les chefs et les meneurs verront leur peine doublée.
> Les récidivistes pourront avoir une peine allant jusqu’à 3 ans de prison.
> Si les capoeiristes sont étrangers, ils devront être rapatriés après avoir purgés leur peine.
Un peu plus tard un décret autorisa l’institution de camps de correction pour punir par des travaux agricoles les bandits et les capoeiristes.
Bien que réprimés et persécutés en permanence, ils continuèrent à suivre le chemin tracé. Les cachettes, les capoeiras, les jardins, les plages, les terrains vagues et les banlieues des villes serviront de lieux d’enseignement pour les générations futures.
A l’encontre de tout un système répressif constitué pour exterminer la capoeira, les pratiquants ressentent de plus en plus la nécessité de perfectionner la discipline pour échapper à la persécution de la police. Les attaques deviennent plus dangereuses, de nouveaux coups sont constamment créés et intégrés dans la pratique .
Une fois au pouvoir, le président Getulio Vargas a pour mission de reconstruire le pays, exerçant ainsi un contrôle absolu sur la société. Pour accomplir son programme gouvernemental, Getulio Vargas sent la nécessité de recevoir l’appui de la population, jusqu’alors insatisfaite et révoltée par la situation du pays, où ceux qui paient le plus sont les pauvres.
Pour contrôler la volonté du peuple et recevoir son appui, Getulio promet de satisfaire immédiatement les revendications des travailleurs. Il ne leur accorde cependant que des droits réduits, afin de pouvoir les manipuler.
Dans la décennie des années 30, Getulio Varga accorde la liberté d’expression à des manifestations populaires, dont la capoeira. Cependant, ce geste fut avant tout un acte politique, une formule étudiée pour dominer la population marginalisée, pour attirer sa sympathie. Dans le même temps, cela constitua une façon d’exercer un contrôle sur les manifestations et sur ses participants, éliminant ainsi, tout risque de désordre. et déterminant des règles et des normes pour leur pratique.
La capoeira put alors être pratiquée librement, sans être considérée comme une activité marginale ou agitatrice. Elle se déroule comme une fête populaire, comme les spectacles folkloriques, dans une enceinte spécifique. Cette lutte dut être utilisée uniquement comme auto-défense et comme pratique sportive, exercée dans des lieux privés, par des personnes intègres et droites, pour devenir un sport national.
Mestres
Le drapeau du Brésil
Le drapeau brésilien est officiel depuis 1889, année de la Proclamation de la République (15 novembre). Il remplace le drapeau impérial de 1822, année de l’Indépendance du pays.
Le fond est un rectangle vert qui rappelle les forêts, le losange jaune symbolise les ressources minières. Au centre, la sphère bleue porte 27 étoiles, une pour chacun des 26 états et une pour le District Fédéral, organisées comme les constellations astrales parmi lesquelles on peut reconnaître celle du Scorpion et, surtout celle de la Croix du Sud (O Cruzeiro do Sul). Dans la sphère, il y a un bandeau blanc sur lequel est écrit: ordre et progrès (ordem e progresso), largement inspiré du philosophe français Auguste Comte.
La Capoeira et son origine
Mais en fait, qu’est-ce que la capoeira ? C’est une lutte ? Une danse ? Un sport ? Une culture ? Un art ? Un folklore ?
La capoeira c’est tout ça et bien davantage !
La capoeira c’est une musique, une poésie, une fête, une plaisanterie, un divertissement, et par dessus tout, c’est la manifestation, la forme de lutte utilisées par un peuple opprimé pour exprimer son envie de liberté.
Le mot capoeira (caa + puéra) est un terme du vocabulaire tupi-guarani (peuple indigène) qui signifie « végétation rase ou lande coupée».
Il y a lieu de croire que les racines de la capoeira viennent d’une danse africaine N’golo, pratiquée annuellement dans le sud de l’Angola. C’est un rituel de passage de l’adolescence à la puberté, où les hommes d’Afrique luttent entre eux, en une forme de compétition physique constituée de ruades et de coups de têtes, comme celles des zèbres, appelés N’golo ou Danse du Zèbre. Ce rituel de passage montre les caractéristiques de cette danse qui s’identifie à notre capoeira en sa forme primitive.
Cependant, les chercheurs, les historiens et les folkloristes défendent l’hypothèse qu’elle est brésilienne. En effet, sur le continent africain et dans les autres pays influencés par la race noire, rien ne ressemble à la capoeira. Cependant, nous admettons qu’elle fut créée sur le territoire brésilien, par les Africains.